
Dans la chronique du 16 juin 2026, nous abordons les principes de justice sociale et de justice environnementale.
Elles reposent toutes deux sur un principe d’équite : une répartition juste des ressources, des droits et des opportunités, mais aussi des risques et des bénéfices écologiques. Mais est-il possible de faire justice environnementale sans justice sociale ?
Depuis 2020, l’équipe de The Greener Good prête sa voix à la radio RCF Lyon à travers le podcast Écologie au quotidien. Découvrez nos astuces pour mieux comprendre ces deux principes !
Chronique du 16 juin 2026 – En partenariat avec RCF Lyon
Retranscription du podcast
🎙️ Anaïs : Ce n’est malheuresement pas nouveau, on sait que la terre se réchauffe, que nos modes de vie polluent et que la biodiversité s’effondre. Qu’on prélève à la terre plus que ce qu’elle n’est capable de régénérer en un an. Ces crises écologiques sont un constat relevé par de nombreux scientifiques depuis des décennies. Mais ces bouleversements touchent-ils tout le monde de la même façon ? Aujourd’hui, ce ne sont pas seulement les écosystèmes qui sont en danger, mais aussi l’équité entre ceux qui polluent, ceux qui subissent, et ceux qui ont les moyens de s’adapter. Salomé Edline, de l’association The Greener Good, est avec nous ce midi pour nous expliquer le lien entre justice environnementale et sociale. Bonjour Salomé, Avant toute chose, que sont la justice environnementale et la justice sociale ?
🌿 Salomé : Bonjour Anaïs !
La justice sociale, c’est l’équité à la répartition des ressources, des droits et des opportunités, avec une attention aux plus vulnérables. En théorie, tout le monde devrait avoir les mêmes chances et les mêmes droits dans la société, peu importe son origine, sa richesse ou son statut.
La justice environnementale quand à elle, c’est aussi un principe d’équité. L’équité d’accès à un environnement sain, une répartition équitable des risques et des bénéfices écologiques, et le droit à la participation aux décisions environnementales. Tout le monde devrait pouvoir vivre dans un environnement sain et sûr, et que les avantages (comme l’accès à la nature) et les désavantages (comme la pollution) liés à l’environnement, soient partagés équitablement. 1
🎙️ Anaïs : Dans la réalité, est ce qu’elle existe vraiment cette justice environnementale ?
🌿 Salomé : Malheureusement, on en est encore très loin. Le Rapport (World Inequality Lab) sur les inégalités mondiales en 2026 estime que la moitié la plus pauvre de la population mondiale ne représente que 3 % des émissions de carbone liées à la propriété privée de capitaux. Tandis que les 10 % les plus riches en représentent 77 %. Concrètement, dans la plupart des cas, plus on est riche, donc plus on consomme et donc plus on pollue. Il y a un fort lien de corrélation entre les 2.
Paradoxalement, la richesse est aussi un levier à une certaine échelle. Ce sont souvent les populations aisées qui ont des moyens. Et, qui doivent prendre leur responsabilité dans la justice environnementale pour ré-équilibrer la balance.
Changer nos modes de vie permet certes de réduire son empreinte écologique individuelle. Mais, doit surtout participer à créer un environnement plus sain et sûr pour tous, et notamment pour que les populations qui en souffrent le plus vivent dans de meilleures conditions.
🎙️ Anaïs : Et du coup, quel est le lien entre justice sociale et justice environnementale ?
🌿 Salomé : Les deux sont étroitement liées !
Les injustices sociales et environnementales des pays en voie de développement sont en grande partie la conséquence de nos modes de vie et de surconsommation effrénés. Nos déchets sont exportés et s’accumulent en Asie ou en Afrique. Les produits à bas coût que l’on consomme sont souvent créés dans des conditions de travail précaires avec des salaires dérisoires, du travail de mineurs, de l’exposition à des substances toxiques, et j’en passe. Et ce sont ces mêmes populations qui sont les plus vulnérables aux dérèglements climatiques : canicules, sécheresses, typhons… Car elles ne possèdent pas les ressources (matérielles ou financières) nécessaires pour s’y adapter.
Nous ne pouvons donc pas penser à l’environnement sans penser social.
Et aux volets écologique et social du développement durable s’ajoute le 3e pilier de l’économie. Mais ça, ça fera sans doute l’objet d’une autre chronique !
🎙️ Anaïs : Le rendez-vous est donc donné pour l’année prochaine. Et du coup, quels sont nos leviers d’action pour œuvrer pour la justice environnementale et sociale ?
🌿 Salomé : On peut avoir l’impression qu’en tant que citoyens peu de chose relève de nous et beaucoup des pouvoirs publics. Mais, il ne faut pas oublier que les pouvoirs publics sont élus par les citoyens et que nous pouvons tous nous engager dans la gouvernance locale. Il existe de nombreuses manières d’agir à différentes échelles : participer à des conventions citoyenn.e.s, aller voter aux élections locales, s’engager à l’échelle de sa copropriété ou de sa municipalité.
On peut aussi s’engager au sein d’associations en devenant bénévoles pour aider celles et ceux qui sont en première ligne face aux crises. Sur la métropole de Lyon, l’association Notre Dame des Sans Abri a par exemple toujours besoin de bras et encore plus lors des plans “grand froid” en hiver.
Ensuite, on peut également effectuer des dons financiers envers des associations qui œuvrent pour la justice environnementale comme Notre Affaire à Tous qui se bat en justice contre les pollueurs ou Banlieues Climat qui démocratise dans les quartiers populaires les connaissances et les enjeux autour de la transition écologique. En plus, les dons disposent d’une fiscalité avantageuse puisque vous bénéficiez d’uneréduction d’impôts de 66 % sur le montant donné !
Et pour finir, s’informer simplement sur l’impact environnemental et social de nos modes de vie et la vulnérabilité des personnes moins bien loties que nous est déjà un premier pas vers une société plus équitable. Pour s’informer il existe de nombreux formats : podcast, journaux, reportages, ateliers collaboratifs de type fresques, chroniques radio comme celle-ci ou encore des événements… Car, s’informer pour protéger son environnement, c’est aussi protéger le vivre-ensemble !
🎙️ Anaîs : Et pour agir de façon locale, vous nous proposez justement de nous rassembler lors d’un événement au mois de juillet ?
🌿 Salomé : Tout à fait, le 2 juillet, The Greener Good organise une soirée Commerç’Engagés au Zibou’Lab dans le quartier de Confluence à Lyon. Partez à la rencontre des commerçants et commerçantes du quartier, engagé.e.s dans une démarche éco-responsable avec de riches échanges dans une ambiance conviviale !
🎙️ Anaîs : Le rendez-vous est donné, c’est le 2 juillet au Zibou-lab. Merci beaucoup Salomé d’avoir été avec nous, à bientôt et puis bel été !
🌿 Salomé : Merci Anaïs, à bientôt !
Source
¹https://wir2026.wid.world/www-site/uploads/2025/12/WIR26_Executive_Summary_French.pdf
2https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/justice-environnementale
3https://shs.cairn.info/revue-d-ethique-et-de-theologie-morale-2017-1-page-111?lang=fr