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[PODCAST] Comment éviter les perturbateurs endocriniens au quotidien ?

Photo de Fleurianne Mahier

Dans la chronique du 20 mars 2026, il est question des perturbateurs endocriniens : invisibles, mais omniprésents dans notre quotidien, ils se cachent dans de nombreux objets du quotidien et peuvent avoir des effets néfastes sur la santé, en particulier chez les plus jeunes. Produits cosmétiques, contenants alimentaires, textiles… difficile d’y échapper totalement. Mais bonne nouvelle : sans forcément dépenser plus, il est possible de réduire son exposition grâce à quelques gestes simples et accessibles.

Depuis 2020, l’équipe de The Greener Good prête sa voix à la radio RCF Lyon à travers le podcast Écologie au quotidien, où elle partage des conseils concrets pour adopter un mode de vie plus responsable.

Chronique du 20 mars 2026 – En partenariat avec RCF Lyon

Retranscription du Podcast

🎙️ Anaïs : Aujourd’hui, on parle des perturbateurs endocriniens : derrière ce terme accroche-langues se trouvent des substances souvent méconnues du grand public et qui ont pourtant un impact important sur notre santé. On en parle avec Fleurianne Mahier, coordinatrice de projets au sein de l’association The Greener Good. Bonjour Fleurianne !  

🌿 Fleurianne : Bonjour Anaïs !

🎙️ Anaïs : Pour commencer, que sont les perturbateurs endocriniens ? 


🌿 Fleurianne : Alors, les perturbateurs endocriniens sont des substances qui viennent perturber notre système hormonal. Pour rappel, les hormones sont des molécules produites naturellement par différents organes (les ovaires, les testicules, la thyroïde, hypophyse…) qui régulent la croissance, le métabolisme, le développement cérébral ou encore le développement sexuel et reproductif1.  

Voici quelques exemples de perturbateurs endocriniens :  

  • les parabènes qui sont utilisés comme conservateurs dans 80 % des cosmétiques et dans certains médicaments,
  • les phtalates que l’on retrouve dans les adhésifs, les détergents, les solvants ou encore certains produits pharmaceutiques,
  • le bisphénol A (BPA) qui se trouve dans le plastique, le polymère et certaines résines (il est interdit dans le conditionnement alimentaire depuis 2015 au niveau européen).

On retrouve ces substances dans les emballages alimentaires, le revêtement des poêles anti-adhésives ou encore certains jeux pour enfants.

🎙️ Anaïs : Pourquoi est-ce problématique pour notre santé, quels sont leurs effets sur nos écosystèmes ?


🌿 Fleurianne : Au niveau santé, les perturbateurs endocriniens viennent troubler le fonctionnement naturel de nos hormones et bloquer ou modifier les messages qu’elles transmettent. Ils aggravent de nombreux troubles au niveau du système reproducteur et de la fertilité, et au niveau de l’immunité (asthme, allergies, maladies thyroïdiennes). Ils sont aussi suspectés d’affecter le développement des cancers du sein et de la prostate. 

Un point de vigilance cependant : les perturbateurs endocriniens sont souvent mélangés à d’autres substances lors de l’exposition, ce qu’on appelle un “cocktail” et dont on ne connaît pas encore les effets. On sait cependant que la dose ne fait pas le poison et qu’une exposition même brève peut avoir des conséquences sur notre santé. 

Les perturbateurs endocriniens perturbent aussi le système hormonal de différentes espèces animales2 de manière assez similaire : de nombreux troubles de reproduction ont été constatés, menant à la quasi-disparition de certaines espèces. Cela coïncide, selon les experts, à la multiplication de l’utilisation des produits chimiques depuis l’après-guerre qui sont venus polluer notre environnement3.

🎙️ Anaïs : Si l’on revient aux humains, est-ce qu’il y a des publics plus à risque que d’autres ? 

🌿 Fleurianne : Déjà que les effets nocifs des perturbateurs endocriniens peuvent arriver des années après l’exposition. Mais en tout cas, toutes les périodes où le corps connaît des développements majeurs entraînent une vulnérabilité importante : on parle donc des bébés, des enfants et des adolescents majoritairement, tout autant les hommes que les femmes. À savoir aussi que le placenta ne filtre pas les perturbateurs endocriniens qui peuvent donc affecter les fœtus. 

🎙️ Anaïs : Alors Finalement, comment est ce qu’on les repère ?

🌿 Fleurianne : Le problème, c’est que les perturbateurs endocriniens sont présents un peu partout dans notre vie quotidienne. On a déjà énoncé les produits cosmétiques, l’alimentation et la cuisine, mais dans la maison, tout y passe : peintures, produits d’entretien, matériaux de construction, déco ou encore ameublement4.

La bonne nouvelle, c’est qu’on peut considérablement réduire notre exposition grâce à quelques conseils proposés par le Ministère de la santé5

  • À la maison : aérer quotidiennment au moins 10 min dans chaque pièce, privilégier des produits ménagers simples (vinaigre blanc, bicarbonate de soude et savon noir), éviter les sprays et les parfums d’ambiance, utiliser des peintures/vernis/colles avec des étiquettes A+, laver tous les vêtements neufs avant usage et privilégier les matières naturelles pour le textile (coton, lin…).
  • Pour l’hygiène : privilégier aussi des produits simples (savons sans parfums à base végétale, produits avec liste d’ingrédients courts), et limiter l’usage de parfums et du maquillage. Pour les produits cosmétiques, l’application INCI Beauty6 vous permet de scanner le code barres du produit pour obtenir un note sur la toxicité et avoir un éclairage sur ses composants. 
  • Pour l’alimentation : privilégier les produits non emballés et non traités, regarder les matériaux des ustensiles de cuisine (le verre, l’inox, la fonte et le bois non traité sont aptes au contact alimentaire) et surtout éviter les contenants plastiques de façon générale. 

🎙️ Anaïs : En voilà une liste de solutions ! Pour conclure, par quoi peut-on commencer ?

🌿 Fleurianne : La première chose à faire est d’identifier, selon votre mode de vie, quand vous êtes le plus exposé : cela vous permettra de prioriser vos actions. Les sites nationaux officiels dédiés à la santé comme l’INSERM et Améli regorgent aussi de conseils et de contenu pédagogique si le sujet vous intéresse !

Merci beaucoup Fleurianne Mahier ! 

Sources

1 INSERM
2 Ecoconso
3 ANSES
4 Santé.gouv
5 Ministère de la Santé
6  INCI Beauty