
Dans la chronique du 02 septembre 2026, nous abordons l’importance de comment bien se renseigner.
À l’heure où les informations circulent rapidement sur les réseaux sociaux comme dans les médias traditionnels, il est essentiel de garder un esprit critique et de prendre du recul sur ce que l’on lit. Dans ce podcast, Clémentine nous fait découvrir des médias indépendants qui s’engagent dans la lutte contre la mésinformation, notamment sur les questions climatiques.
Depuis 2020, l’équipe de The Greener Good prête sa voix à la radio RCF Lyon à travers le podcast Écologie au quotidien. Découvrez nos astuces pour mieux comprendre ces deux principes !
Chronique du 02 septembre 2026 – En partenariat avec RCF Lyon
Retranscription du podcast
🎙️ Anaïs : L’arrivée d’Internet, et surtout de l’Internet mobile, a bousculé notre rapport à l’information. Les médias en ligne, les podcasts et autres chaînes Youtube se sont multipliés et produisent des contenus dans des temps records. On ne sait finalement plus trop à qui se fier ! Et en termes d’écologie, il est facile de tomber dans du greenwashing, de la désinformation climatique, ou même tomber dans l’éco-anxiété. Alors, comment s’y retrouver dans ce paysage médiatique saturé ? Comment s’informer de manière juste tout en préservant sa santé mentale ?
Clémentine Mossé, de l’association The Greener Good, est avec nous ce midi pour nous éclairer.
Bonjour Clémentine !
🌿 Clémentine : Bonjour Anaïs !
🎙️ Anaïs : Qu’est-ce qui se joue aujourd’hui dans l’information au sens large ?
🌿 Clémentine : Et bien effectivement Internet et les réseaux sociaux cohabitent maintenant avec les médias traditionnels que sont la presse, la radio et la télévision. C’est la course aux contenus qui font le buzz, relayés un petit peu partout sans vérification, et qui rapportent, au passage, des revenus publicitaires.
Alors en tant qu’individus, on peut tomber dans ce qu’on appelle l’infobésité, c’est-à -dire une surcharge d’informations qui dépassent la capacité de traitement de notre cerveau, qui nous sature. Ces informations, surtout négatives, elles impactent notre santé mentale, donc c’est pour ça qu’on peut aussi tomber dans l’éco-anxiété au sujet des informations climatiques notamment.
Alors d’autre part, les fakes news, c’est-à-dire les fausses informations, circulent à la vitesse de l’éclair. Elles nous induisent en erreur, elles sèment le doute, jouent sur nos valeurs, sur nos émotions, nos peurs et façonnent même nos opinions. Alors le problème, c’est que derrière, et bien rétablir une vérité, argumenter, chercher des preuves prend un temps infiniment plus long que de diffuser des contre-vérités.
🎙️ Anaïs : À ce sujet, une étude récente de l’Observatoire des médias sur l’écologie montre que certains médias dit classiques sont loin d’être exemplaires notamment sur la question du climat…
🌿 Clémentine : Et oui et cette étude a analysé les informations sur le climat diffusées par des radios et des chaînes de télé nationales durant le 1er semestre de cette année. Et elle montre que les cas de “mésinformation climatique” sont fréquents. Ils ont augmenté de 28 % entre 2025 et 2026 !
Ces fausses informations ont été notamment propagées lors des vagues de chaleur qu’on a connu cet été.
Petit point vocabulaire : contrairement à la désinformation, qui elle est intentionnelle, la mésinformation désigne la diffusion d’informations fausses ou erronées, mais la sans malveillance.
Parmi les plus mauvais élèves on retrouve CNews, Europe1 et Sud Radio.
🎙️ Anaïs : Est ce que vous avez des exemples Clémentine, de fausses informations qui ont pu être diffusées ?
🌿 Clémentine : Alors oui justement on peut aborder le sujet des canicules de cet été, je rappelle hein que la fréquence et l’intensité de ces canicules résultent bien du réchauffement climatique, je rappelle que ce réchauffement climatique qu’on connaît aujourd’hui il est bien d’origine humaine c’est pas une opinion, c’est un fait qui est établi de manière absolument certaine par des milliers de scientifiques du monde entier, les scientifiques du GIEC.
Donc pour en revenir au traitement médiatique des canicules on peut prendre par exemple le JT de 13h de France 2 du 2 septembre dernier. Les fortes chaleurs sont banalisées, elles sont présentées comme une “aubaine pour des vacanciers heureux de partir en vacances en décalé” et également des “restaurateurs enchantés de prolonger leur saison et accroître leur chiffre d’affaires”. Donc ici, France 2 étouffe les conséquences catastrophiques des canicules hein je le rappelle, il y a eu plus de 8 000 décès, des écosystèmes ravagés, des agriculteurs mis à mal. Serge Zaka, un scientifique et fondateur de l’association AgroClimat2050 appelle ça l’amnésie écologique.
Puis de manière plus générale, les mesures écologiques sont parfois présentées comme coûteuses, leur efficacité est remise en cause alors que des études prouvent bien le contraire. Donc ici encore, y a une confusion entre faits scientifiques et des opinions personnelles. Et d’ailleurs on a pu aussi le constater lors du débat sur le climat qu’il y a eu lieu sur BFM en septembre, autour de sujets clivants tels que la voiture électrique, les éoliennes ou la climatisation donc en fait en mélangeant un peu tout entre les faits des études et puis les opinions personnelles ou des partis. Finalement, les débats sont remplis de désinformations, ils sèment le doute et nous empêchent de faire des choix démocratiques éclairés.
🎙️ Anaïs : Quelles sont vos alors solutions pour éviter ces dérives et surtout pour mieux s’informer ?
🌿 Clémentine : Alors avant toute chose, l’idée c’est pas de se détourner de l’actualité, de tout couper, de faire l’autruche. L’idée c’est de plutôt reprendre le contrôle sur la manière de s’informer.
Donc premier conseil, comme on l’a vu, distinguer les faits des opinions, afin de construire sa pensée. Est ce que c’est construit sur des bases scientifiques ? Est ce qu’elles nous permettent d’exercer notre esprit critique ? On peut se poser ses questions. A qui on fait confiance ? Est ce qu’on fait confiance à des scientifiques ou des éditorialistes ? Aux journalistes ou à des influenceurs ? Aux études ou à des opinions ? Bien sûr, ce n’est pas un débat “blanc” ou “noir”, mais c’est intéressant de se demander d’où vient l’info qui vous parvient.
Deuxième conseil, c’est de multipliez les sources d’information, pour ne pas tomber dans des “bulles informationnelles” notamment sur les réseaux sociaux qui vont nous enfermer dans une même pensée.
Ensuite on peut se tourner vers des médias locaux et des médias indépendants, transparents, qui traitent correctement l’information. Donc sur des sujets spécifiquement écologiques on n’a par exemple le média Vert, le média Reporterre ou BonPote au niveau national.
En région Auvergne-Rhône-Alpes, le média de solution En un battement d’aile qui part à la rencontre d’initiatives locales. Et j’aimerai aussi citer deux initiatives que je trouve intéressantes à suivre :
La première c’est QuotaClimat, qui est une association qui milite pour un traitement médiatique à la hauteur des enjeux écologiques, et la deuxième c’est Coop-médias, une coopérative qui promeut et défend les médias indépendants.
Vous pouvez aussi bien sur écouter des scientifiques qui vulgarisent ces sujets écologiques que se soit sur les réseaux sociaux, dans des ouvrages, dans des conférences, et vous appuyer sur des organismes fiables tels que l’ADEME qui est l’agence de la transition écologique.
🎙️ Anaïs : Et puis mieux s’informer sur le climat, c’est aussi le thème du Greener Festival que vous organisez justement ce week-end.
🌿 Clémentine : Et oui tout à fait ! Ça commence demain. Et pour cette 11e édition au Château de Montchat (Lyon 3e), on accueille plusieurs donc notamment Vert le média, Coop-média, QuotaClimat En un battement d’aile. Notamment lors de la conférence plénière qui aura lieu ce samedi à 15h.
On pourra aussi retrouver des ateliers à faire seul ou en famille pour appréhender l’information pour mieux utiliser les réseaux sociaux, s’informer sans tomber dans l’éco-anxiété, ou encore un atelier pour mener une enquête fictive sur une pollution industrielle…
Il est encore temps de s’inscrire ! Vous pouvez toutes les infos sont sur le site du Greener Festival www.festival.thegreenergood.fr.
🎙️ Anaïs : Merci beaucoup Clémentine Mossé ! on rappelle que vous êtes fondatrice de l’association The Greener Festival et donc bon festival ce week-end !
🌿 Clémentine : Merci beaucoup, à bientôt !
Source
Source : Aurélien Berlan, Guillaume Carbou, Laure Teulières (Dir.). Greenwashing. Éditions du Seuil, 244 p., 2022, Anthropocène, 978-2-02-149289-7. ⟨hal-03674908⟩
L’infobésité, une épidémie à l’âge des nouvelles technologies de l’information et de la communication ? Par Alizé Papp, Pages 105 à 113